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Chapitre I - L'aveu 19/02/2018


"L'amour le plus discret laisse par quelque marque échapper son secret"
Jean Racine

Cet écrit, basé sur Newtmas, contient des scènes de violences et un peu de langage cru, et pour l'instant ce n'est pas prévu mais peut-être des scènes lemon entre les deux protagonistes, ou autres personnages secondaires, je vous préviendrai si cela se rajoute. Et si vous ne voulez pas lire les passages lemons, je signalerai le début et la fin de chacun de ces passages.
Et n'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez, tout avis est bon à prendre, surtout qu'ils me font m'améliorer
Bonne lecture à vous. 




Thomas soupira encore une fois, il n'arrivait définitivement pas à terminer le devoir, ce fameux devoir qu'il devait faire depuis maintenant quinze jours, qu'il n'arrêtait pas de repousser. Mais maintenant, il était irrémédiablement face au mur. Car oui, à force de repousser, le jour de rendre cette rédaction arrivait, et c'était le lendemain. Voici pourquoi, Thomas, un adolescent en terminale S, assez grand, aux cheveux bruns, généralement pas coiffés, à cause de leur caractère indomptable, aux innombrables tâches de rousseurs couvrant son joli visage, un nez un peu long, et des yeux marrons chocolats, se trouvait dans la bibliothèque du lycée. Son corps élégant, élancé et musclé faisait fondre bon nombre de filles, comme son minois. Comme tous les jours, il était habillé d'une manière simple, la mode n'étant pas sa tasse de thé, portant généralement des pulls plus ou moins colorés, avec des jeans noirs ou bleus, jamais avec des motifs, et toujours la même paire de baskets, des converses montantes noires.
Le jeune adolescent soupira encore une fois en posant sa joue sur son poing. Il releva la tête, n'arrivant toujours pas à pondre une phrase correcte pour sa rédaction, ce n'était vraiment pas son truc, il n'avait pas pris la filière S pour rien, déjà c'était pour éviter le français et la philosophie, mais aussi parce qu'il était vraiment très doué en sciences et en mathématiques, c'était son domaine de prédilection. Bien, qu'il aime autant les sciences que le sport, mais malheureusement, dans le lycée public où il était il n'y avait pas de filière spécialisée dans le sport, il devait donc se contenter de prendre des heures d'athlétisme en plus grâce aux options proposées dans l'établissement, ce qui était tout de même un bon début. Il observa un peu les personnes autour de lui, tous étaient concentrés sur leurs livres ou leurs cahiers, rien ne brisait le silence qui régnait dans la bibliothèque à part les soupirs de Thomas, qui lui valut plusieurs regards noirs de la part des autres étudiants. Il leur fit des petits sourires pour s'excuser, mais ça n'avait pas un grand impact, il était tout de même vu comme le perturbateur de la bibliothèque où le silence était maître. Le brun replongea dans son devoir, relisant pour la millième fois l'énoncer de l'exercice de philosophie "Une ½uvre d'art a-t-elle toujours un sens ?", le but était de faire un plan détaillé tout en donnant quelques arguments, sans les développer énormément, ce qui était relativement simple, enfin pour tout le monde sauf Thomas, qui commençait a en avoir sérieusement ras le bol de cette matière dans laquelle il ne comprenait strictement rien. 
-Alors, le petit philosophe galère sur sa rédac qu'on doit rendre demain ? 
Thomas tourna la tête pour apercevoir son meilleur ami, Minho, un asiatique à la peau légèrement basanée, les yeux bridés d'un noir intense, ses cheveux, aussi noirs que ses yeux, se dressaient sur sa tête dans de nombreux épis, ses lèvres fines qui s'étiraient quasiment systématiquement dans de grands sourires. Minho était vraiment un bel homme, et il en avait conscience, il en profitait même par moment avec certaines filles qu'il jugeait inintéressantes afin de pouvoir profiter d'une partie de jambes en l'air, avec lesquelles il n'avait pas envie de construire quelque chose de sérieux, donc en résumer, la majeure partie de la gente féminine du lycée. 
-Eh oui, je t'en parle même pas comment je galère, c'est une horreur. Pourquoi est-ce que la philo ça veut obligatoirement dire gros charabia illogique ?
-De toute façon avec toi tout doit avoir une explication logique ! T'en as pas marre à la fin de raisonner que de façon logique, sérieux ? L'asiatique partit dans un rire franc en voyant la moue indignée de son ami, ce qui entraina une huée de "chut" à leur attention de la part des autres occupants du lieu.
-Ma façon de raisonner et moi même en t'emmerde, c'est bien clair ? A moins que tu puisses m'aider, tu vas dégager, et rapidement, de là, avant que tout ces intellos soient tentés par l'envie de nous écorcher vifs. 
-Bon, bah salut alors. J'espère que t'arriveras à faire un truc pour demain, c'est mal barré là. Minho rigola de nouveau, avant de commencer à partir.
-Attends, attends, attends ! Thomas s'était levé de sa chaise pour le rattraper, de peur qu'il ne parte trop loin. Tu as réussi à la faire toi ?
-Bah ouais, tu crois quoi ?
-Comment t'as fait ? T'es aussi nul que moi ! se moqua gentiment le brun.
-J'ai des connaissances, moi.
-Tu peux m'aider s'il te plaît ? Thomas prit sa meilleure tête de chien battu afin que son ami l'aide à sortir de ce pétrin.
La moue de son meilleur ami avait convaincu Minho de l'aider, bien qu'il avait précisé qu'il lui devrait quelque chose en échange, Thomas s'était empressé d'accepter ce contrat, sachant pertinemment qu'il n'aurait pas pu faire autrement, ça faisait bien une heure qu'il était sur son exercice et qu'il n'avait rien fait du tout avant que Minho n'arrive. Les deux étudiants travaillaient donc dorénavant sur le devoir de philosophie, en faisant le moins de bruit possible, mais, quand ces deux garçons étaient réunis ce n'était jamais calme. Car, bien que Minho ait accepté d'aider son ami, il n'arrêtait pas de se moquer de lui, ce dernier se renfrognait à chaque remarque piquante de l'asiatique et répliquait, souvent dans un mi cri mi murmure, ce qui était loin de la discrétion et du silence.
Au bout d'une heure et demi de travail supplémentaire, ils arrivèrent enfin à la fin du devoir, et sortirent en grand fracas de la bibliothèque, ce qui fit, encore une fois, crisser les autres étudiants. Seule, une personne n'avait pas été dérangé par le bruit, tellement plongé dans son roman racontant l'histoire d'un groupe d'enfant devant affronter une entité résidant sous leur ville, dans les égouts, d'une apparence de clown, et oui, l'étudiant lisait bien le roman de Stephen King "Ca". Il était tellement concentré dans l'histoire, qu'il n'avait même pas fait attention aux deux compères qui ne respectaient pas le principe même d'une bibliothèque, c'est à dire le calme. Pourtant s'il avait levé la tête, ne serait-ce qu'une seconde de son livre, il aurait pu apercevoir les regards insistants de Thomas sur lui. Mais à vrai dire, il n'aurait même pas su comment s'appelait cette personne qui n'arrêtait pas de le reluquer. Car autant être honnête, Newt ne connaissait pas grand monde au sein du lycée. C'était un jeune homme de taille moyenne, maigre, bien qu'il n'y paraisse pas sous ses vêtements bien trop larges pour lui, des cheveux châtains clairs, limite blonds, tombant sur son front négligemment, un nez légèrement retroussé, des lèvres fines, des yeux chocolats miel, et des sourcils fins, toujours froncés sur son visage fin, lui donnant un air sérieux. Newt avait un style vestimentaire différent de Thomas, bien qu'il n'aime pas particulièrement la mode non plus, il portait juste systématique des jeans noirs, et des pulls beaucoup trop grands pour lui, lui tombant jusqu'à sous les fesses, les manches recouvrant généralement ses mains fines. Il n'était pas quelqu'un de particulièrement sociable, nous pourrions même le qualifier de solitaire, limite asociale, qui n'aimait quasiment rien de la vie, à part les livres, dont il adorait s'imprégner et se plonger dedans, pour ne plus en sortir avant d'avoir fini l'intégralité du tome, ou dans certains cas, des différents tomes d'une saga. Ce qui pouvait facilement se comprendre quand on connaissait sa vie, qui bien évidemment n'était pas toute rose. Sa mère était morte quand il avait dix ans, et son père, n'ayant pas supporter de perdre la femme qu'il aimait, à sombrer dans l'alcool, mais ce n'était plus suffisant, il avait besoin d'extérioriser sa rage, sa tristesse, qu'il en était venu aux mains avec son fils. Newt était un enfant battu à partir de ses onze ans, bien sûr, il en avait honte, et pensait même que c'était de sa faute, qu'il devait sûrement le mériter. Il subissait les horreurs que son père lui faisait sans rechigner, pensant que son père allait changer, que ça devait l'aider à oublier sa femme, qu'il redeviendrait comme avant une fois qu'il aurait fait son deuil. Mais, maintenant c'était son quotidien, il ne prenait plus l'excuse du deuil de son père pour se laisser faire, il était épuisé, et avait fini par comprendre qu'il ne changerait pas, il restait donc, subissait, tous les soirs refermant ses blessures. Voilà pourquoi il aimait tant les livres, ils lui permettaient d'oublier sa vie merdique, ne serait-ce que pendant quelques minutes ou quelques heures, mais au moins, ses pensées ne se tournaient pas sur le fait que quand il allait rentrer son père l'attendrait pour lui faire les pires choses qu'un père puisse faire à son propre fils. Une fois, son géniteur était allé tellement loin qu'il lui avait cassé une jambe, et n'emmenant pas Newt à temps pour se faire hospitalisé, ce dernier passera toute sa vie à boiter, ce qui lui rappelait sans cesse que son père était un monstre.
Il était particulièrement fan de l'auteur Stephen King, pour sa façon d'écrire, qui était tellement captivante, mais aussi pour tous les thèmes qu'il abordait dans ses romans d'horreur et de science fiction. Son amour pour la littérature l'avait amené à faire un bac L, contrairement à ses camarades de classe qui étaient là pour les nombreux cours de langues. D'ailleurs, il ne s'entendait pas du tout avec les autres élèves de sa classe, c'était autant de sa faute que de la leur, aucun d'eux n'avait fait quelque chose pour qu'il s'intègre, c'est pourquoi lorsqu'ils avaient un travail de groupe à rendre, Newt se retrouvait seul, mais il s'en fichait, il préférait le rester plutôt que de devoir réaliser quelque chose avec ces idiots.
Newt n'avait qu'un seul ami au sein du lycée, c'était Minho, et oui, ce qui était assez étrange, vu leur caractère totalement différent. Mais Minho avait rencontré le blond durant la rentrée et étrangement le courant était incroyablement bien passé. C'était durant le premier jour, les deux adolescents connaissaient encore personne, et ils s'étaient retrouvés à la même table durant le repas du midi. Au départ Minho tentait de faire la conversation, mais Newt ne pipait mot, puis il s'était laissé charmé par le caractère de l'asiatique, et depuis ils étaient très amis, bien qu'ils ne trainaient pas tout le temps ensemble, Minho comprenant le besoin d'être seul de son ami, il le laissait donc respirer, et attendait son signal pour venir le voir. Leur amitié fonctionnait ainsi, Minho se réglait sur les humeurs de Newt, ils se comprenaient sans forcément se parler, et ils y gagnaient tous les deux, Minho étant en bac S pouvait aider Newt dans ses devoirs de sciences et Newt pouvait aider Minho pour la philosophie, ce qui les arrangeait tous les deux, car ils détestaient la matière principale de l'autre.
Le blond releva la tête une minute de son livre, afin de souffler un peu, le chapitre était tellement prenant qu'il n'avait pas vu le temps passé, il regarda l'heure et réalisa qu'il devait rentrer. Il soupira légèrement avant de récupérer ses affaires et de sortir de la bibliothèque d'un pas tranquille, il n'était définitivement pas pressé de retourner chez lui, il préférait largement la bibliothèque, qui était synonyme de calme, et de solitude, personne ne venait jamais le déranger, ce qui lui allait très bien. En arrivant devant le portail, il sortit une cigarette de son paquet et s'assit sur le muret qui délimitait le lycée. Il réfléchissait à comment éviter son père en arrivant chez lui, mais il savait pertinemment que c'était impossible, il fera avec, comme il le fait tous les jours. Il sortit de ses pensées en sentant quelqu'un s'asseoir à côté de lui, il s'apprêtait à envoyer royalement chier la personne qui osait l'importuner, mais il s'arrêta en réalisant que c'était Minho. Même si l'asiatique était son seul ami, il ne se permettait pas d'être lui-même devant lui, il ne parlait jamais de chez lui, essayait de sourire, mais si celui-ci sonnait incroyablement faux, son ami l'avait bien remarqué, mais ne posait jamais de question au blond, si il ne lui disait rien c'est qu'il n'en avait pas envie.
-Alors, ta journée ? demanda l'asiatique pour faire la conversation, sachant que son ami n'était pas très bavard.
-Hum... et toi ?
C'était habituel, Newt ne donnait jamais de vraie réponse quand on le questionnait sur sa journée, son humeur, sa santé. Il marmonnait toujours quelque chose comme "mouais", ou comme ici, il ne disait que "hum", avant de retourner la question. Au début de leur amitié, Minho ne supportait pas ces non réponses, mais il avait fini par s'y accommoder, se disant que ça devait faire parti de Newt, bien que son ami l'intriguait énormément, mais il ne voulait pas le brusquer en lui posant des questions. Bien que ça fasse maintenant deux ans et demi qu'ils se connaissaient, Minho avait l'impression de ne rien savoir sur le blond, contrairement à ce dernier qui connaissait quasiment toute la vie de Minho, de sa plus tendre enfance, jusqu'au jour d'aujourd'hui. 
-Ca va. J'ai aidé une âme en peine toute à l'heure. Il rigola légèrement en repensant à la tête désespérée que Thomas lui avait faite. C'était pour le devoir de philo qu'on a à rendre demain, il est dans ma classe.
-Tu fais des bonnes actions dis donc. Le blond esquissa un demi sourire.
-Oui, mais on s'est mis toute la bibliothèque à dos.
-En même temps, faut comprendre si les gens vont à la bibliothèque c'est pour le calme, par pour qu'une énergumène comme toi vienne les déranger.
-On a essayé de faire discrètement, mais je crois que ça n'a pas plu aux rabat joies d'intellos qui sont toujours fourrés à la bibli.
-Je prends ça comme un compliment.
L'asiatique rigola légèrement, venant de se rappeler que son ami pendant ses pauses s'il n'était pas en train de fumer un livre à la main dans la cour de récréation était dans la bibliothèque. Il marmonna des excuses, sachant pertinemment que c'était inutile, son ami ne s'était pas fâché. Mais le blond se leva, lui disant qu'il devait s'en aller, et partit. Comme d'habitude, Minho regarda Newt s'éloigner, ressentant toujours ce sentiment d'inquiétude. Il se doutait que la vie de blondie, comme il s'amusait à l'appeler mentalement, était loin d'être facile, mais son ami ne voulait pas lui en parler, alors il n'insistait pas, se disant que s'il en avait envie il le ferait, sachant que Minho sera toujours là pour lui, sans le juger. 
L'asiatique allait se lever pour rentrer chez lui quand il entendit des bruits de pas arrivés vers lui, il les reconnaîtrait entre mille, c'était bien ceux de Thomas, qui arrivait en courant, juste après que Newt soit parti, comme tous les jours. Minho ne comprenait pas pourquoi, mais Thomas ne venait jamais le rejoindre quand il était avec le blond, mais il arrivait toujours juste après qu'il soit parti. Tiens, lui acceptait de répondre à ses questions, il avait donc en tête de le questionner à propos de son comportement bizarre. Parce que Minho se doutait bien que Thomas restait assez éloigné, à les observer et quand il voyait que Newt partait, il venait. Il tourna la tête vers le nouvel arrivant, souriant de toutes ses dents.
-Ah, quelle surprise Thomas ! 
Mais ce dernier ne le regardait pas, il avait le regard tourné vers la silhouette de Newt qui s'éloignait doucement. Une fois que le blond ne fut plus visible, le brun se tourna vers Minho.
-Ca va ? demanda Thomas
-Ouais ! Tu viens boire un coup pour nous féliciter d'avoir fait l'horrible devoir de philo ?
Thomas secoua sa tête de haut en bas, pour signifier son approbation. Minho quitta donc le muret sur lequel il était relativement bien installé, et partit avec son ami en direction du bar qui faisait l'angle de la rue, c'était leur QG, ils y allaient très régulièrement après les cours, et même des fois pendant la journée s'ils avaient du temps de pause pour aller boire un café et finir les devoirs qu'ils avaient en retard. Ils s'installèrent à leur table habituelle, qui était légèrement reculée dans un coin, et près de la fenêtre. Ils commandèrent donc deux bières, et Thomas envoya un message à sa mère pour la prévenir qu'il rentrerait un peu plus tard. Quand il releva la tête de son téléphone il vit que Minho le regardait, un sourire étrange collé au visage, le sourire qui voulait dire qu'il allait lui parler de quelque chose d'important et de probablement embarrassant. Thomas déglutit légèrement, il détestait ces moments, mais il connaissait très bien son meilleur ami, et il savait que celui-ci ne lâcherait pas l'affaire tant qu'il n'aurait pas eu une réponse satisfaisante, il suffisait juste de connaître le sujet à propos duquel son ami avait envie de parler, puis il lâchait tout, n'ayant pas envie de se battre avec lui, sachant qu'il allait perdre dans tous les cas.
-De quoi tu veux me parler tocard ?
-D'une fameuse personne. Minho agrandie son sourire.
-Et de qui ?
-Hum... ça commence par un N et ça finit par un T.
-Ecoutes, j'ai pas envie de perdre du temps, dis moi ce que tu veux savoir. Et tout de suite, sinon j'me casse ! Et c'est toi qui invite.
-Rho, bon d'accord. J'te trouve bizarre avec lui.
Thomas rigola légèrement.
-Comment être bizarre avec quelqu'un qui ne te parle jamais ?
-Non, mais sans lui parler. Je veux dire, tous les soirs tu me rejoins exactement au moment où il part, tu le regardes tout le temps partir jusqu'à ce qu'on le voit plus sur la rue. 
-Et ?
-C'est bizarre.
-Mais non, c'est toi quoi chelou mon pauvre.
-Non, sérieux ! Qu'est-ce qu'il t'arrive mec ?
Le brun soupira légèrement, son ami avait l'air légèrement inquiet, comme s'il lui était arrivé quelque chose à cause de Newt, mais ce n'était pas ça du tout. Newt ne lui avait rien fait, à part le rendre fou d'amour pour lui. Il le savait, c'était ridicule, il ne lui avait jamais parlé, mais le blond était tellement beau, et tellement spécial que Thomas n'avait pas pu s'empêcher de l'observer, et au fur et à mesure d'apprendre à le connaître par rapport à ce que Newt laissait transparaître, mais il n'avait pas pu s'empêcher de le trouver exceptionnel et d'avoir envie de le connaître réellement. Il était amoureux d'un homme qu'il ne connaissait même pas. Ce n'était pas nouveau pour lui qu'il était homosexuel, il l'avait découvert quand il avait quinze ans, mais il n'en revenait pas d'être tombé amoureux de Newt.
-Je l'aime.
L'asiatique faillit s'étouffer avec la gorgée de bière qu'il venait d'avaler. Il toussota légèrement avant de regarder son ami d'un air interrogateur.
-Je sais, c'est chelou, mais je pense que je l'aime. J'arrête pas de penser à lui, tout le temps, je peux pas m'empêcher de le regarder dès qu'il est dans les parage. Mais j'ose pas aller lui parler, il a l'air tellement solitaire que je ne voudrais pas le brusquer et qu'il fuit. C'est pour ça, que je ne viens jamais quand il est là. Mais toi, tu as l'air de le connaître, non ?
Minho sourit légèrement à ce que son ami venait de dire, d'un sourire heureux, mais en même temps triste. C'était très bien que Thomas soit amoureux, mais pourquoi fallait-il que ce soit Newt, le mec le moins sociable de la Terre, qui même s'il le connaissait depuis longtemps ne savait rien sur lui, le mec le moins bavard du monde entier, le plus mystérieux, et par moment le moins agréable.
-Tu sais, je ne le connais pas tant que ça en vrai.
-Ah bon ? Mais c'est ton ami, non ?
-Oui, mais tu sais il est très compliqué. Enfin écoute, c'est pas grave. Je dois y aller, je suis désolé. J'te paye ma tournée ça marche. La prochaine fois c'est toi qu'invite tocard, j'suis pas riche !
Thomas rigola légèrement en saluant son ami, bien qu'il était perturbé parce ce que lui avait dit celui-ci. Il termina sa bière d'une traite avant de quitter le bar, allant régler au comptoir avec l'argent que son ami lui avait laissé. Les phrases prononcées par Minho revenaient sans cesse dans sa tête... Qu'est-ce que ça voulait dire ?







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Chapitre I - Nouveau pays 23/02/2018

 
"Le temps n'est jamais perdu quand on est perdu tout le temps"
Catherine Zandonella

 

 

Un moi.
Ca faisait un moi que Newt avait quitté sa chère Angleterre pour venir s'installer à Paris, la ville aux cent villages. Newt, ce jeune étudiant qui se lançait dans sa première année de licence en musicologie à l'université Paris 8 située à Saint Denis. Son corps était fin et élancé, son visage enfantin, recouvert par une chevelure blonde toujours en désordre lui tombant négligemment sur le front. Son nez était fin et long, le bout de celui-ci pointait légèrement vers le haut, ses lèvres fines, s'étiraient généralement dans des sourires accueillants et chaleureux. Ses yeux, un mélange de marron et de miel, étaient toujours rieurs. Ses sourcils contrastaient avec le reste de son visage harmonieux et enfantin, ils étaient quasiment tout le temps froncés, lui donnant ce petit air sérieux.
Newt portait beaucoup de vestes en cuir, de chemise, des jeans slims, mettant ses jambes fines en valeur, et des bottes montantes à lacets, lui donnant un style décontracté malgré le reste de sa tenue. Mais aujourd'hui, deux jours avant la rentrée, il avait opté pour un style beaucoup plus simple, plus décontracté. Il portait un jogging gris, un tee-shirt blanc à motif noir, sa veste en cuir marron foncé fourrée et ses bottes montantes à lacets marrons également. Une écharpe grise était négligemment passée autour de son cou, et un sac à bandoulière pendait sur son épaule droite. 
L'adolescent avait toujours rêvé de venir à Paris, il était passionné par cette ville aux innombrables quartiers, tous différents les uns des autres, mais également par la culture française. Mais il ne s'imaginait pas partir de chez lui, à peine âgé de 19 ans pour aller faire ses études dans un autre pays. Heureusement pour lui, sa mère parlait français, et dès son plus jeune âge, elle lui avait enseigné la langue, bien qu'il ait toujours des difficultés avec certaines particularités de ce langage. Il trouvait toujours ça étrange de se promener dans la rue et d'entendre les conversations des passants, sans rien comprendre. Ca lui faisait bizarre, contrairement à l'Angleterre, où il comprenait chaque phrase que les passants prononçaient, il n'était pas encore tout à fait à l'aise avec ceci. Car bien que sa mère lui ait appris à parler et comprendre cette langue, il ne s'était jamais retrouvé entouré de français qui parlaient, il ne comprenait quasiment rien, sachant que comme partout, les français avaient leurs propres abréviations, leurs propres langages populaires, et leurs propres expressions.
Il y avait une autre chose à laquelle Newt ne s'habituait pas, et il croyait qu'il ne s'y ferait jamais, c'était les métros. Bien sûr, il prenait régulièrement le métro quand il était à Londres, mais ils ne se ressemblaient pas du tout. Les transports en commun souterrains de Paris étaient infâmes du point de vue de l'étudiant, ils étaient sales, il y avait beaucoup trop de monde, il y avait toujours de bruit. Il détestait cet endroit. Mais ce qu'il ne savait pas encore, c'est que pour se rendre à son université, il devait prendre la fameuse ligne 13, connue des parisiens. La majeure partie de la population détestait cette ligne, et Newt ne ferait pas exception à cette règle. Elle était toujours bondée, puante, et surtout, elle était longue, très longue, avec quasiment tous les jours un problème, allant du petit ralentissement à l'arrêt complet pendant trois ou quatre heures. 
Newt allait en faire l'expérience ce jour même. Il devait se rendre à l'université pour signer des papiers afin de finaliser son inscription. Voilà pourquoi le blond se trouvait sur le quai, à l'arrêt Saint-Lazare, attendant que le métro vienne. Sa tête était baissée, son nez enfoui dans son écharpe, dans le but d'éviter que l'odeur qui régnait rentre dans ses narines. C'était un mélange de sueur, de pisse, de parfums, de déodorants, et tout ceci mêlé en même temps donnait quelque chose d'horrible pour les narines du londonien. Quand le métro arrivait enfin, il montait dedans, essayant de trouver un coin où il aurait un temps soit peu de place sans être collé aux inconnus qui étaient avec lui, mais c'était peine perdue, il était midi et beaucoup de personne se trouvaient dans la même rame que lui. Il était désespéré, il devait aller jusqu'au terminus, mais la musique qui résonnait dans ses oreilles grâce à ses écouteurs lui rendait le trajet un peu plus agréable. 
Il ne connaissait encore personne dans cette ville, à part son colocataire, un asiatique dénommé Minho. Le courant n'était pas passé entre ces deux-là. Minho était quelqu'un de très joyeux, fêtard, mais également très bordélique, ce qui avait pour résultat de mettre Newt dans un état de colère noire. Le blond était un maniaque, il ne supportait pas la saleté, que quelque chose ne soit pas rangé à sa place. Pour lui il fallait que tout soit carré, rangé par catégorie, contrairement à l'asiatique qui préférait reposer les affaires qu'il avait sorti où il le pouvait, comme par exemple en plein milieu du salon. Les deux adolescents n'avaient pas vraiment pris le temps de discuter et d'apprendre à se connaître, le brun étant toujours en vadrouille pour aller voir ses amis. Minho était né à Paris, il y avait toujours vécu, ses parents avaient quitté la Corée du Sud pour venir s'installer en France pour recommencer une nouvelle vie. 
Les deux garçons vivaient dans un petit appartement composé de deux chambres, une salle de bain, et d'une cuisine et d'un salon et de toilette. La cuisine et le salon étaient séparés par un bar, faisant office de mur pour délimiter les deux salles, et de débarras pour Minho. L'appartement était sombrement décoré, les salles communes étaient peintes un marron-beige, avec du mobilier dans les mêmes teintes. La salle de bain comportait une assez grande douche, et un petit lavabo où au dessus était suspendu un miroir. Une colonne trônait dans un coin de la pièce, leur permettant de ranger toutes les affaires réservées à la toilette, comme des serviettes, une réserve de produits d'entretien mais également de douche. Un verre contenant leurs deux brosses à dents était déposé sur le lavabo. Ils aimaient beaucoup ce logement.
Minho avait décidé de vivre en colocation pour sa première année de fac, il voulait quitter le domicile familial et voler de ses propres ailes, bien que ses parents lui versaient de l'argent tout les mois, lui permettant de payer son loyer et de faire des courses. Pour ses loisirs et ses sorties il travaillait, pas que ses parents ne pouvaient pas lui payer. Il était issu d'une famille assez aisée, mais ses géniteurs voulaient lui apprendre la valeur de l'argent et du travail. L'asiatique travaillait donc comme serveur dans un petit bar qui était situé au pieds de leur immeuble. Il aimait beaucoup être là-bas, tout ses collègues étaient très gentils, et drôles. Ils aimaient son sens de l'humour. Et les clients étaient, pour la majeure partie, très aimables. Le bar ne faisait pas dans le luxe, il était plutôt dans le style familial, c'était une des raisons pour lesquelles Minho adorait travailler là-bas.
Newt arrivait enfin à l'université, en chemin, il s'alluma donc une cigarette avant de pénétrer dans l'enceinte de l'établissement. Il n'était encore jamais venu, et il trouvait ce lieu incroyablement grand. Il y avait de nombreux bâtiments sur sa gauche comme sur sa droite. Il y avait également des pans d'herbe, des passages entre chaque locaux. Il observa donc les alentours, il y avait de nombreux endroits où se restaurer, comme une épicerie à l'entrée qui vendait un large choix de produits, plusieurs snacks, qui vendaient des hamburgers, sandwichs, crêpes, paninis. Dans quasiment chaque bâtiment se trouvaient des distributeurs de nourriture, de café, de boisson. Au moins, je ne mourrai pas de faim ici. Les locaux étaient en revanche délabrés, il y avait bon nombre de graffitis qui coloraient les murs, que ce soient des citations ou bien des dessins. Certains murs étaient délavés. Mais cet endroit plaisait tout de même au londonien qui était émerveillé par le côté un peu rustre du lieu. Il avait du mal à trouver son chemin dans ce vaste établissement, il suivait les panneaux qui indiquaient où devaient se rendre les élèves de première année. Il arriva donc dans le bâtiment C, où se trouvaient beaucoup d'étudiants, faisant la queue en attendant leur tour. Un brouhaha régnait dans la pièce, il y avait plusieurs bureaux disposés ci et là avec des adultes qui traitaient l'administratif et les papiers que les étudiants leur rapportaient. 
Newt se mit donc dans la queue, toujours ses écouteurs enfoncés dans ses oreilles, de toute façon il ne connaissait personne ici, et personne ne semblait s'intéressé à lui. Il recevait tout de même des coups d'½il appréciateurs de la part de la gente féminine, et de certains hommes également. Il était un bel homme, c'était sûr, et il avait du succès au près des filles, bien qu'il n'ait aucune petite amie. 
Quand son tour arriva, il signa les papiers que lui donnait l'administrateur devant lui et déposa ses propres documents qu'il devait apporter pour l'occasion. Puis quitta l'université, il s'arrêta au passage au snack nommé Le Campus pour prendre un café, il s'installa en terrasse et se grilla une cigarette avant de reprendre la route. Heureusement pour lui, la ligne de métro s'était légèrement vidée contrairement à ce midi. Il était maintenant 14 heures 30, il ne s'était pas rendu compte qu'il avait passé autant de temps dans l'établissement.

 

Quand il arriva enfin chez lui, il trouva Minho profondément endormi sur le canapé, ses pieds reposant sur la table baisse qui était disposée juste à quelques mètres devant le sofa. Newt enleva ses chaussures qu'il rangea directement dans le meuble de l'entrée, et accrocha sa veste sur le porte manteau à côté de la porte. Il posa son sac dans un coin, afin de ne pas gêner le passage, mais il se fit la note mentale de le ranger dans sa chambre plus tard. Pour l'instant, il devait s'occuper de son colocataire qui avait décidé de poser ses pieds sales sur la table où par moment ils mangeaient pour regarder la télévision en même temps que de se restaurer. Il poussa violemment les pieds de l'asiatique de la table avant de s'installer à côté de lui. Ce geste réveilla en sursaut le brun qui jura, avant de se lever et d'aller chercher de quoi grignoter. Il prit le dernier biscuit de la boîte, mais ne jeta pas cette dernière et la remit dans le placard, ce qui eut pour résultat de faire lever les yeux au ciel au londonien. Ce dernier se leva, partit dans la cuisine, prit le paquet vide et le mit dans la poubelle, avant d'aller s'enfermer dans sa chambre. Il en avait déjà marre de son colocataire. Mais, il n'avait pas les moyens de se payer un logement tout seul dans cette ville. Contrairement à l'asiatique, il était issu d'une famille modeste, même populaire. Ses parents n'avaient pas assez d'argent pour l'aider à payer ses études, bien qu'ils lui versaient une petite somme tous les mois. Newt devait se trouver un travail afin de pouvoir vivre, en attendant c'était Minho qui payait leurs courses, mais le blond gardait les reçus pour le rembourser quand il le pourrait. Mais il ne connaissait pas encore ses horaires de cours, et ne pouvait donc pas postuler pour un emploi. Mais il avait déjà créée son CV et irait le donner à toutes les entreprises du coin quand il le pourrait. 

 

Le quotidien avec Minho n'était pas de tout repos aux yeux de Newt. Déjà, le fait qu'il était très bordélique, comme nous le savions déjà, énervait au plus haut point le londonien, qui devait sans cesse repasser derrière lui pour ramasser des papiers qui trainaient, pour ranger et remettre les choses correctement à leurs places, comme par exemple les biscuits dans le placard à sucreries et non dans le placard aux épices. Ou bien encore sa serviette en sortant de la douche, l'asiatique la laissait toujours en boule sur le lavabo, Newt la ramassait donc et l'étendait avant de repartir de la pièce.
La deuxième raison était que le brun aimait recevoir du monde, et faire la fête jusqu'au lever du soleil avec ses amis. Leur appartement était donc régulièrement le lieu de rassemblement pour Minho et ses compatriotes. Dans ce genre de moment, le blond disparaissait dans sa chambre, pas qu'il n'était pas sociable, mais il avait peur de les gêner. Il se posait donc dans son lit, son ordi diffusant les séries qu'il regardait sur Netflix et ses écouteurs enfoncés dans ses oreilles dans l'espoir de ne pas entendre les jeunes qui criaient et s'amusaient, mais également pour pouvoir suivre ses séries. Ce point se rapprochait du premier, car suite aux soirées organisées, l'appartement était complètement en désordre, avec d'innombrable cadavres de bouteilles de bières ou d'autres alcools plus forts qui jonchaient le sol ci et là, mais également éparpillées sur le plan de travail de la cuisine, le bar, la table basse. Il attendait donc que son colocataire ait rangé le foyer avant de sortir de son antre, mais il repassait généralement derrière lui, trouvant toujours un petit détail qui avait échappé aux yeux du brun.
Mais Newt s'habituait à ce quotidien, et ça lui plaisait. Car même si son colocataire avait quelques, même voir énormément, de défauts, il était très gentil. Le blond voulait apprendre à le connaître, et devenir ami avec lui, mais pour l'instant ça n'avait pas très bien fonctionné. Minho n'appréciait pas plus que ça le côté maniaque de son nouveau colocataire, ça le mettait en rogne de toujours voir le blond passer derrière lui car il n'avait pas fait les choses correctement. Il s'y habituait également, et commençait à trouver ce petit trait de caractère attachant. 

 


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Chapitre I - Bonjour docteur 05/04/2018


« Alors, comment te sens-tu depuis notre dernière rencontre ? » demanda Elise.
C'était une femme d'une cinquantaine d'année, des cheveux blonds presque blancs encadraient son visage ridé par les années passées. Ses petits yeux étaient renfoncés dans sa tête, n'apparaissant que comme deux petites billes noires qui vous épiaient. On ne pouvait pas la décrire comme étant belle, elle ne faisait pas attention à elle, et ça se voyait dans son apparence. Son corps était gras et détendu, des bourrelets étaient moulés sous son chemisier trop serré pour elle. C'était une psychologue très réputée dans la profession, elle avait aidé bon nombre de cas qui étaient considérés comme perdus d'après ses collègues. Elle avait réussi avec brio ses études et ses examens, avant d'être admise dans un hôpital où elle travaillait en tant que psychologue. Mais bien vite, elle s'était lassée de cet endroit et avait décidé d'ouvrir son propre cabinet, et c'était exactement là où elle se trouvait. Assise dans un fauteuil en cuir, les jambes croisées, un carnet posé dessus, prenant des notes sur l'état du jeune homme installé en face d'elle. Un microphone était posé sur la table basse, enregistrant la conversation.
« Bien et vous ? répondit son patient.
-Bien aussi. Alors qu'as-tu à me raconter cette semaine ? »
Le jeune homme gesticulait sur son fauteuil en cuir, visiblement excité par ce qu'il avait à dire. Elise prit le temps de l'examiner, elle le faisait à chaque séance avec lui, pour voir les changements qu'il subissait. Ca faisait maintenant un an qu'ils se voyaient toutes les semaines pour parler de l'état du garçon. Il était de taille moyenne, plutôt fin, une légère couche de muscle sur ses bras. Ses bras reposaient sur ses jambes, il était assis, légèrement penché en avant, jouant avec ses doigts. Du à sa position, son pantalon slim noir remontait un peu, et Elise put apercevoir ses chaussettes rouges. Elle le nota dans son carnet, rouge. Il portait toujours au moins une touche de rouge sur lui, et elle en ignorait la signification. Elle se nota mentalement de le questionner plus tard sur ceci. Il releva la tête vers elle et lui offrit un léger sourire.
« J'ai commencé à écrire. »
La femme hocha la tête pour l'encourager à continuer. 
« J'écris des chansons, des poèmes. » il marqua une légère pause avant de reprendre. « Ca m'aide à réfléchir je trouve.
-Et tu écris quoi ? »
Le garçon bougea sur son fauteuil pour prendre son sac à dos qui était négligemment posé au sol. Il l'ouvrit et en sortit un petit carnet noir et le tendit à sa psychologue. Cette dernière le prit et l'observa avant de l'ouvrir. C'était un carnet assez simple, noir, la couverture était en cuir, une ficelle était accrochée dessus pour servir de marque page. Elle tira donc dessus pour ouvrir où le jeune homme s'était arrêté. Elle observa la page et découvrit un dessin, fait un feutre noir. Mais elle n'en comprit pas le sens, c'était un homme dessiné, mais au-dessus de lui se tenait une ombre, menaçante, impressionnante. Elle tourna la tête pour regarder l'autre page et lut le texte. Elle l'examina quelques secondes avant de lever la tête pour voir le visage de son patient, qui ne la quittait pas des yeux, attendant son appréciation.
« Est-ce que je peux le prendre en photo ? »
Le garçon fronça légèrement les sourcils avant d'hocher la tête. Mais il n'était pas satisfait, et ça se voyait. Elise le connaissait que trop bien maintenant. Il était comme un enfant, se comportait réellement comme tel. Il s'était un peu plus enfoncé dans le fauteuil, et la regardait avec une moue boudeuse. Il secouait ses jambes qui maintenant ne touchaient plus le sol.
« C'est très bien ce que tu as écrit. Quand l'as-tu fait ? »
Le garçon retrouva son sourire.

« Hum... Il y a trois jours je crois. En rentrant des courses, j'ai eu une soudaine envie d'écrire. J'étais passé à côté d'une forêt, je n'avais pas pris le même chemin que d'habitude et je ne sais pas. J'ai trouvé cet endroit tellement joli que j'ai eu envie d'écrire dessus. Je ne pense pas que ça soit parfait, mais ça m'a fait du bien.
-Et tu continues de jouer du piano ?
-Oui. Tous les jours je m'entraine au moins une heure. » il marque une légère pause en souriant. « J'adore jouer du piano.
-Je sais. Et tu as des projets en ce moment ? »
Le garçon afficha une mine sérieuse, il semblait réfléchir.
« Oui. Je veux me trouver un vrai travail.
-Et tu voudrais quoi ?
- Je ne sais pas trop. Hum... j'aime bien écrire et dessiner. J'aimerai un truc comme ça. »
Elise nota quelques éléments dans son carnet puis releva de nouveau la tête. 
« Tu penses que tu es prêt ?
-Oui. Je pense. Je ne suis pas sûr, mais il faut bien que j'essaye non ? »
La femme hocha la tête.
« Et la musique ? Tu y as pensé ?
-Oui. Mais je ne suis pas doué vous savez. Et il faudrait quelqu'un avec moi.
-Et pourquoi ?
-Je ne sais pas. Je pense qu'à deux au moins ça serait plus sympa. Et vous savez, j'ai l'impression de me reprendre en main. Je sens que je suis plus autonome, pas que je pourrai me passer de vous, rassurez-vous. Nos séances me font beaucoup de bien. Mais je me sens un peu plus responsable. Et j'arrive à gérer un peu mieux maintenant.
-Tu le sens vraiment ?
-Oui. Et vous, vous en pensez quoi ?
-J'ai également l'impression que tu t'es amélioré. Mais je pense aussi que tu devrais te faire des amis. Tu as essayé depuis la dernière fois qu'on en a parlé ? »
Le garçon la regarda intensément, avant de balayer de la main sa question. Il baissa de nouveau la tête et se remit dans la même position qu'avant, penché en avant, les bras sur les jambes. Il recommença à jouer avec ses doigts, les tordant dans tous les sens. Puis il se redressa de nouveau, passant une main dans ses cheveux bruns coupés assez courts, mais avec assez de longueur pour que ses doigts se perdent rapidement dedans.
« Non. » Il soupira. « Pas vraiment vous savez. Les gens me font peur ». Il s'arrêta encore une fois, en continuant de gesticuler. « Je ne les aime pas tant que ça. Ils ne m'attirent pas. » Il semblait chercher ses mots, ses sourcils froncés trahissaient sa concentration « Ils sont méchants.
-Et comment le sais-tu ? 
-Ils me l'ont dit. »
Elise hocha de nouveau la tête en griffonnant encore dans son bloc note. Elle jeta un coup d'½il à sa montre et réalisa qu'une heure s'était déjà écoulée, et malheureusement elle ne pouvait pas continuer à converser avec lui. Un autre patient l'attendait déjà devant la porte, et ne supportait pas qu'elle soit en retard. Mais le garçon avait compris, et avait déjà récupérer son sac qu'il avait nonchalamment jeté sur son épaule, et avançait vers la sortie. Devant la porte il s'arrêta et se retourna de nouveau vers son médecin.
« A la semaine prochaine.
-Oui Tyler. A mercredi prochain. »
Elle le sourit et il quitta la pièce. La femme resta cinq bonnes minutes assise, réfléchissant à son entretien avec le jeune homme. Puis elle reprit ses esprits et alla ouvrir à son patient suivant.
Le jeune homme pénétra dans la pièce, un air énervé sur le visage. Il ne prit pas la main que lui tendait son médecin et alla directement s'asseoir sur le fauteuil de cuir que Tyler utilisait quelques minutes plus tôt.

« Vous avez six minutes de retard. 
-Excuses moi.
-Ce n'est pas grave. La ponctualité n'est pas votre point fort, il faudrait travailler ça. »
Elise s'installa de nouveau dans son fauteuil en cuir en face de celui du jeune homme, et sortit un autre bloc note du tiroir à côté d'elle tout en rangeant celui de Tyler. Elise était une femme très organisée et n'aimait pas que du bazar prenne place dans ses affaires, alors pour chacun de ses patients elle utilisait un carnet différent, et un microphone différent également. Chaque dossier était soigneusement rangés, à chaque début de consultation elle notait en haut à droite de la page la date et l'heure à laquelle son patient arrivait. Elise débuta la séance comme elle l'avait fait avec Tyler, c'est-à-dire en lui demandant comment il se sentait depuis la semaine dernière. Le garçon lui donna la même réponse que le patient précédant tout en lui retournant la question. Il s'était soudainement calmé et avait dû comprendre le retard du médecin à le recevoir. Il était maintenant souriant. Ses lèvres s'étaient étirées en coin et il la regardait d'un air doux. Contrairement à Tyler, ce jeune homme était blond et avait les cheveux un peu plus longs, qui lui tombaient négligemment sur le front. Elise pouvait voir qu'il ne prenait pas forcément le temps de se coiffer. Son visage était très enfantin pour quelqu'un de vingt-trois ans. Mais il avait au moins un point commun avec Tyler, sur le côté physique, c'est qu'ils étaient tous les deux très fins, presque maigres.
« Alors Newt. Racontes-moi ta semaine.
-Oh. Vous savez, rien de bien intéressant. C'est toujours la même chose. Je vais au travail, les clients m'énervent, ils sont insupportables. Puis après je rentre chez moi. Et voilà, je ne fais rien de particulier. Et mon patron m'énerve, c'est un gros con ! C'est incroyable à ce point-là ! Vous ne pouvez pas savoir, c'est ouah ! Et si... j'ai une nouvelle à vous dire. J'ai étais suspendu pendant une semaine de mon travail, je reprends après-demain.
-Et pourquoi ?
-Excès de violence qu'ils ont dit. Rigola le blond.
-Et toi tu en penses quoi ?
-Ouais... peut-être qu'ils avaient raison. Je sais que j'ai des excès de colère. Mais il le méritait vraiment, vous savez ?
-Tu le penses vraiment ? »
Le jeune homme réfléchit un long moment, fronçant les sourcils, soupirant par moment tellement sa réflexion était intense. Il releva plusieurs fois la tête vers son médecin, ouvrait la bouche pour dire quelque chose mais la refermait immédiatement sans prononcer un mot. Il soupira encore une fois.
« Vous avez sûrement raison. Non, je ne le pense pas, je sais que c'est mal ce que j'ai fait. Mais je n'arrive pas à me contrôler vous savez ? Quand quelque chose m'énerve trop je ne peux pas garder mon calme, et je suis obligé de m'énerver, quitte à frapper, vous comprenez ?
-Oui, toute à fait. Et c'est pour ça que tu es là je te rappelle.
-Ouais, je sais. »
Un court silence s'installa entre eux. Elise le regardait pendant que lui examinait la pièce, qu'il connaissait maintenant par c½ur, mais il faisait ceci à chaque consultation. Il regardait dans tous les coins, comme si à chaque fois qu'il quittait cet endroit en revenant il ne s'en souvenait plus. Pourtant ça faisait maintenant trois mois qu'il venait tous les mercredis à quinze heures précises, juste après la consultation de Tyler.
« J'ai été convoqué par l'assemblée de mon travail, vous savez, pour une sorte de conseil de discipline, comme on avait au collège. Et ils m'ont envoyé voir un médecin, c'était d'un ennui mortel, je ne vous en parle même pas. Bref, et ce mec m'a prescrit des calmants, mais violents ces trucs. Quand j'en prenais j'avais l'impression de planer, d'être complètement stone. Alors j'ai arrêté.
-Tu te sentais plus en contrôle de toi-même en les prenant ?
-Mouais. Je ne pense pas. Comme je vous ai dit j'avais l'impression de complètement planer. Et je ne sais pas, j'avais l'impression d'avoir des hallucinations, vous voyez ? Du coup j'ai préféré arrêté.
-Et depuis tu as eu de nouveau des excès de colère ?
-Non, pas comme celui de la semaine dernière. Enfin des fois je me suis énervé, mais pas non plus au point d'aller frapper quelqu'un.
-Et pour toi la violence c'est quoi ? Qu'est-ce que ça t'apportes ? »
Newt réfléchit une nouvelle fois longuement, tentant de trouver comment répondre à cette question. Il gesticulait sur sa chaise, tellement concentré dans sa réflexion. Elise décida de lui laisser autant de temps que nécessaire, mais par moment elle jetait des coups d'½il à sa montre, elle devait partir dans environ dix minutes, sa fille l'attendait à la garderie et elle devait s'y rendre à seize heures et quart. Le jeune homme se redressa sur le fauteuil et la regarda dans les yeux.
« Je ne sais pas. C'est compliqué vous savez ?
-Je comprends. »
Le blond se leva, récupéra son sac qu'il avait soigneusement déposé à ses pieds en entrant et se dirigea vers la porte.
« Bon. Merci, à la semaine prochaine. Essayez de me prendre à l'heure cette fois-ci. »
Et il quitta le cabinet, laissant perplexe Elise qui regardait encore la porte par laquelle il était sorti. Elle avait énormément de mal à cerner ce patient-là, il pouvait être très gentil puis tout d'un coup s'énerver. A vrai dire, elle le savait, c'était pour cela qu'il venait la voir, à cause de sa colère qu'il n'arrivait pas à maitriser et donc qui se transformait donc régulièrement en violence, que ce soit par la parole ou par les coups.
Le mercredi était sa journée la plus éprouvante parce qu'elle avait rendez-vous avec ses deux patients les plus compliqués : Tyler et Newt. Elle connaissait leur dossier par c½ur et aurait pu le réciter même en dormant, mais elle avait tout de même des difficultés avec ces deux garçons. Ils étaient des cas spéciaux et ceci lui demandait beaucoup d'énergie de les recevoir le même jour. Elle resta assise encore une ou deux minutes avant de se lever et de se rendre à la garderie qui était à deux pattés de maison de son cabinet.

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