Chapitre XVII - La discussion

Plusieurs semaines s'étaient écoulées, et tout redevenait comme avant. Le groupe des trois amis était de nouveau réunis et passait leur journée ensemble, et bien souvent Thomas venait dormir chez eux, pour profiter un maximum d'eux, bien qu'ils se reverraient le lendemain. Mais c'était maintenant une habitude, le brun vivait quasiment chez eux. Il ne rentrait que très rarement à son domicile et avait même apporté bon nombre de vêtements, qu'il avait rangé dans l'armoire de Newt. Ces deux derniers partageaient souvent le même lit, en fait quasiment toutes les nuits. Newt dormait mieux, quand il avait Thomas à côté de lui, il avait l'impression que ses cauchemars le laissaient tranquille, bien qu'ils refassent toujours surface. Mais il lui semblait qu'ils étaient moins récurrents et qu'il commençait à aller un peu mieux. Mais il se sentait toujours rongé de l'intérieur par les remords. Il essayait pourtant de faire des efforts, mais c'était très dur. Son père l'avait tellement transformé, il l'avait obligé à devenir quelqu'un de faible, qui ne sait pas se défendre, et qui ne sait pas parler avec les autres individus. Il n'avait pas pu profiter de ses années collèges et lycées, celles qui étaient censées être les meilleures de sa vie, mais à chaque fois, il avait peur de s'attacher pour ensuite être abandonné, comme l'avait fait son père. Car c'est bien ce que Jason avait fait, il l'avait aimé et chéri avant de le laisser totalement tombé, de ne plus le considérer comme son fils et de le battre. 
Newt portait toujours son masque devant ses amis, il se disait qu'il était idiot, que ses amis l'aidaient et l'aideraient le temps qu'il en avait besoin. Mais il en avait marre d'être celui qui doit être soutenu, il voulait être celui qui sait se débrouiller tout seul. Mais c'était trop dur. Il avait peur, toujours peur, d'être abandonné. Il n'arrivait pas à s'ouvrir au bonheur et à l'insouciance et la joie de vivre qui caractérisaient ses deux amis. Il n'y arrivait tout simplement pas. Il sentait que lorsqu'il s'en douterait le moins, quelque chose allait se passer et qu'il allait redevenir cet être épié, fuyant. 

« Allo la lune, ici la Terre, vous me recevez ? »
Newt tourna la tête pour regarder ses deux amis qui rigolaient face à son manque de réactivité. C'est vrai qu'il était resté plongé dans ses pensées pendant un long moment, peut-être même un peu trop car les deux autres garçons l'avaient remarqué.
« Cinq sur cinq »
Sa réplique entraina encore plus de rire de la part des deux autres. Thomas lui donna une légère tape dans le dos, comme pour lui dire que tout allait bien se passer, et qu'il devait arrêter de penser tout le temps. Le blond esquissa un petit sourire discret puis il se leva et se dirigea sur la terrasse pour s'allumer une cigarette. Thomas le rejoint en silence et se plaça derrière lui, en posant ses deux mains sur chacune des épaules du littéraire. Puis le brun se déplaça à côté de lui, assez proche pour que leur épaule se touchent. Le scientifique aimait bien ce genre de contact, qu'il essayait de faire paraître comme involontaires, mais il se doutait bien qu'au fond Newt savait qu'il le faisait exprès. Mais maintenant qu'il s'était habitué à avoir le blond près de lui, il ne voulait plus s'en débarrassé. Ses sentiments avaient au fur et à mesure augmenté quand il apprenait à connaître son homologue, il l'avait trouvé encore plus adorable, encore plus gentil, bien que ce n'était pas forcément le premier mot qu'il aurait utilisé pour décrire le garçon lors de leurs premières interactions. Mais il était parvenu à gratter la surface du mur que le blond avait construit pour se protéger, il l'avait percé pour pouvoir y glisser un ½il et voir ce qu'il se passait de l'autre côté. Et ce qu'il y avait vu l'avait comblé. Il était maintenant éperdument amoureux de l'autre garçon, bien qu'il ne dise rien de tout cela. Mais par moment ça le pesait, il avait envie d'avouer ses sentiments, de se libérer de ce poids qu'il ressentait à chaque fois qu'il était en compagnie du littéraire. Dès qu'il le voyait un tant soit peu sourire,  Thomas sentait que des papillons prenaient leur envol dans son ventre, dès qu'il l'effleurait de sa main, de son épaule, dès qu'il le touchait, même un petit peu, il sentait que cette partie le brûlait, il ressentait le besoin d'approfondir le contact qu'il avait le garçon. Mais là était toujours la question, il ne savait pas comment faire. Ils s'étaient énormément rapproché, c'était indéniable, mais...
« Alors. Hum... ça va ? » Demanda le blond pour couper le silence qui s'installait.
« Ouais. Et toi ?
-Ouais. »
Puis le silence redevint maître de la place. Mais ça ne les dérangeait pas plus que ça. Newt le trouvait rassurant, apaisant, il ne se sentait pas obligé de parler pour le combler, tout comme Thomas. Bien que des questions tournaient toujours dans sa tête. Des questionnements sur un sujet en particulier : le presque baiser qu'ils avaient échangé, mais également la conversation qu'ils avaient eu après cet évènement. Si on peut appeler ça une conversation. Effectivement, ils en avaient très peu parlé, uniquement ce soir-là, quand ils étaient au parc, durant une nuit noire. Mais Thomas n'était pas satisfait par les réponses que le blond lui avait fourni, il voulait connaître le fond de sa pensée, ses souhaits et ses envies.
« Euh... Newt.
-Hum ? »
Le blond se tourna légèrement vers lui, pour lui faire comprendre qu'il l'écoutait.
« Je veux te parler d'un truc.
-Vas-y. »
Le brun baissa la tête, n'osant pas regarder son homologue dans les yeux.
« C'est à propos du... hum... presque baiser. »
Newt soupira doucement avant de poser sa main sur le bras de Thomas pour l'encourager.
« Je t'écoute.
-Tu ne m'as pas repoussé quand je m'approchais de toi. Pourquoi ?
-Je ne sais pas vraiment, tu sais ?
-Tu ne m'as pas repoussé quand je t'ai collé au mur. Pourquoi ?
-Je ne sais pas.
-Tu t'es approché toi aussi.
-Je sais.
-Tu aurais voulu que je t'embrasse ?
-Je pense que oui. »

 



 

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