Chapitre III - La violence

 
"La colère est une bête cruelle et furieuse,
l'homme en colère n'a plus aucune retenue."

 

 

Thomas s'approcha dangereusement des harceleurs de Newt et poussa l'un d'eux, pour lui montrer son désaccord, le défiant du regard d'oser recommencer d'insulter le blond. L'autre garçon, Gally, le poussait également, ils ressemblaient à deux coqs se battant pour montrer qui était le plus fort. Le brun poussa le harceleur plus violemment.
-Ca vous amuse de vous en prendre à lui, hein ? cria le terminal S.
-Et pas qu'un peu, tu peux pas savoir à quel point. En même temps, c'est tellement une merde, que c'est tout ce qu'il mérite. C'était un autre garçon du groupe qui avait parlé, un large sourire collé au visage, très fier de lui.
Newt se tendit immédiatement, en regardant Tresh, le jeune homme qui venait de parler, il avait l'impression de se retrouver face à son père. C'était exactement le même ton, les mêmes insultes, et le même air fier et amusé sur le visage.
-En plus il est même pas capable de se défendre tout seul. Regardez moi ça les gars, c'est vraiment une fiotte. Il doit demander à son petit copain de l'aide.
Toute la foule explosa de rire, ce qui redoubla la colère de Minho, Thomas et Newt. L'asiatique restait en dehors, il savait pertinemment que Thomas, même s'il partait d'une bonne attention, ne faisait que s'attirer les foudres du blond, qui survivait très bien tous les jours avec ces insultes. Le blond avait perfectionné sa technique d'ignorer les choses qui le blessait au fil du temps, il ne répondait jamais quand les autres s'en prenaient à lui, et ça marchait très bien comme ça. Minho avait appris qu'il ne fallait pas lui venir en aide, il s'était mis Newt à dos pendant longtemps une fois alors qu'il tentait de l'aider. Le blond ne voulait pas de la pitié des autres, ce sentiment le faisait se sentir tellement inférieur, faible, inutile, incapable, toutes ces choses dont il était persuadé d'être, mais le fait que quelqu'un le prenne en pitié lui faisait encore plus ridicule et nul, et faible.
Pour une fois, Newt se laissa tenter de répondre à ses assaillants, il marcha droit en direction de Tresh et lui retourna un poing de toute la force dont il était capable, c'est à dire pas grand chose, mais sous le choc l'adolescent tomba fesse contre terre dans un couinement de douleur. Ses amis se penchèrent vers lui, afin de l'aider à se relever. Son nez était en sang, ce qui tira un sourire de satisfaction sur le maigre visage de Newt. Mais, ce sourire ne dura que quelques secondes avant qu'il ne se rappelle que l'idiot qui était venu soit disant lui porter secours n'avait fait que de le ridiculiser encore plus et c'était permis de casser sa coquille d'ignorance qu'il s'était forgé. Il fonça sur Thomas et, avec force, le plaqua contre les casiers dans un grand fracas. Les autres étudiants qui observaient la scène s'était tus face au retournement de situation. Thomas avait le souffle coupé, Newt était très près de lui, vraiment trop près, et malgré la peur qui l'envahissait petit à petit, le brun sentait une pointe d'excitation à avoir le blond collé contre lui. Leur nez se touchaient, leur souffle se mêlaient, bien qu'ils soient différents, Thomas respirait à peine, tandis que le blond soufflait très fort par le nez, il pouvait sentir sa rage rien que par son souffle qui venait s'écraser contre sa figure. C'est lorsque Thomas le regarda droit dans les yeux qu'il eut vraiment peur, il n'avait jamais vu autant de colère, de rage, de fureur briller dans les yeux de quelqu'un auparavant. La mâchoire de Newt était serrée, faisant ressortir ses os.
-T'arrêtes de me faire chier ! Dégages ! T'approches plus de moi... jamais. Le blond avait baissé la voix sur la fin, mais le message était tout de même passé.
Pour être sûr que le brun imprime bien ce qu'il venait de lui dire, il le plaqua de nouveau contre les casiers, puis le lâcha avant de récupérer son sac et de partir. Les autres étudiants chuchotaient autour d'eux, laissant passer Newt, de peur d'être sur son chemin. Thomas reprenait petit à petit sa respiration, la lueur qu'il avait vue dans les yeux de Newt le terrifiait et l'intriguait en même temps. Il remarqua à moitié que les étudiants commençaient à se disperser dans les couloirs, toujours en chuchotant en groupe. Le groupe de garçon qui avait insulté Newt était parti en direction de l'infirmerie, ils auraient sûrement des problèmes.
Minho s'approcha doucement de Thomas, pour ne pas le brusquer, il posa délicatement sa main sur l'épaule du brun, essayant d'attirer son regard.
-Ca va mec ?
-Hum... Ouais. Euh... C'était... bizarre.
-J'te l'fais pas dire. Mais ça va ? Il ne t'a pas fait mal ?
-Non, t'inquiète, juste surpris.
Thomas fronçait les sourcils, encore sous le choc de ce qui venait de se passer. Il secoua la tête pour reprendre ses esprits, mais ça lui donna un mal de tête. Mine de rien Newt l'avait violemment plaquer contre les casiers, et sa tête avait méchamment heurté les portes de fer. En y pensant bien Thomas aurait préféré que le blond le plaque contre le mur dans d'autres circonstances, comme par exemple un moment sensuel où leur deux corps chauds d'excitation se colleraient, où Newt l'embrasserait sauvagement en lui enlevant ses vêtements... Maintenant il était fier de lui de s'être mis ces images en tête, il rougissait et sentait une érection grandir dans son pantalon.
-Qu'est-ce qui t'arrive tocard ? demanda l'asiatique, le sortant de ses pensées
-Euh... rien.
-Laisses moi rire. La tête que tu tires veut tout dire sauf "rien", le charia Minho.
-Je viens d'avoir des pensées pas très catholiques.
Minho rigola franchement, n'en croyant pas. Son meilleur ami venait de se faire rejeter comme ce n'était pas permis, plaquer au mur avec violence, et il ne pensait qu'à faire l'amour avec Newt. Ce n'était pas croyable.
-Aller, racontes moi tes fantasmes mon petit enfant.
-Min' arrêtes ! On dirait un pédophile sérieux
-C'est peut-être ce que je suis.
Thomas adorait son meilleur ami pour ça exactement, pas qu'il soit pédophile, le brun savait que non, mais c'était pour sa capacité à détendre l'atmosphère quand il se passait quelque chose de gênant, ou le fait qu'il ne jugeait jamais personne, peu importe si ce qu'on lui racontait était complètement fou, il comprenait et essayait d'aider. 
-Sans vouloir te couper dans tes réflexions sur le corps nu d'une certaine personne je pense que tu vas avoir des problèmes.
En fait, au bout du couloir se tenait le principal, qui avançait à grandes enjambées vers eux, suivi par Gally. Quand le vieil homme arriva à leur hauteur, il les toisa puis prit la parole de son ton hautain et supérieur qui lui était caractéristique.
-Thomas Edison, une heure de colle pour ton comportement intolérable. La violence est interdite au sein de l'établissement. Sois content que tu n'aies qu'une heure de colle, la prochaine fois tu auras bien pire. En espérant juste qu'il n'y ait pas de prochaine fois. Tu iras la faire ce soir après tes cours.  
-Excusez-moi monsieur, mais qu'est-ce qui va a été raconté ? questionna Minho, afin de vérifier que Gally n'avait pas arrangé la situation à son avantage, ce qui semblait être le cas, vu le sourire victorieux qu'il affichait.
-Ca ne te regarde pas, tu n'es pas concerné.
-Encore une fois, excusez-moi, mais je dois vous contredire. J'étais présent donc je pourrai me permettre de vous demander la version qui vous a été racontée s'il vous plaît ?
-D'accord. Car tu es un très bon élève, j'aimerai entendre les faits. Mais Gally, s'il te plaît, pars.
Ce dernier marmonna légèrement dans sa barbe inexistante avant de tourner des talons et de continuer sa route. Minho attendit qu'il soit hors de vue pour commencer son discours. Il lui raconta donc les faits, exactement comme ils s'étaient passés, juste pour que Gally et sa bande soit également punis, parce qu'au départ c'était de leur faute. A la fin de son récit, l'asiatique laissa le temps au directeur de digérer tout ça.
-Bon, donc ce n'était pas du tout la même version que ce que m'a raconté Gally. Je vais te croire, et ils seront sévèrement punis. Thomas et Newt également, car même si tu as pris sa défense tu t'es montré violent. Et Newt je n'en parle même pas, il a cassé le nez de Tresh, puis il s'est attaqué à Thomas. Ton heure de colle de ce soir tient toujours Edison. Même chose pour votre ami. Bonne journée.
Le principal s'en alla, et le brun poussa un long soupir. C'était tout de même ridicule. Il avait pris la défense de quelqu'un qui se faisait harcelé et il était puni. Ca ne rimait à rien, ce lycée était vraiment illogique. Mais bon, au moins il était satisfait à l'idée que Gally et sa bande d'amis idiots seraient sévèrement punis. Il étira ses lèvres dans un sourire machiavélique en pensant à ceci.
Avec tous les évènements de ce midi, les deux amis n'avaient pas eu le temps de manger, et le réfectoire était maintenant fermé, ils décidèrent donc d'aller s'acheter des gâteaux à grignoter qu'ils mangeraient pendant le cours, tout en étant discret. Ils allèrent donc au supermarché juste à côté de l'établissement, avant de rapidement retourner en cours. 
Ils avaient philosophie, autant dire que les deux élèves étaient à l'apogée de l'épanouissement. L'asiatique écoutait à moitié le cours, d'une main il piquait dans le paquet de crackers qu'ils avaient acheté et de l'autre il envoyait des messages à Newt, qui lui répondait une fois sur mille. Il le prévint donc qu'il allait être collé le soir même après les cours. Chose que le blond savait déjà, donc il ne prit pas la peine de répondre. Minho arrêta de lui envoyer des messages, ayant compris que blondie en avait sûrement marre.
Le reste de la journée passait lentement, les deux étudiants de terminale S en avaient sérieusement ras le bol et avaient juste envie d'aller boire un coup dans leur QG, mais Thomas ne pouvait pas, il devait se rendre en salle de retenue. C'était la première fois qu'il y allait, il avait mis assez longtemps à la trouver. Elle était situé dans le bâtiment EST de l'établissement, à côté de la réserve de la bibliothèque. Les élèves n'étant pas autorisés à aller dans ce bâtiment, sauf en cas de retenue, ne le connaissaient pas très bien, et se perdaient la majeure partie du temps. C'était le cas de Thomas, qui rodait dans les couloirs, tel un mort-vivant, il était désespéré. Quand il arriva, enfin, devant la salle, il retint de justesse un cri de victoire, se disant que ce n'était pas approprié. Son meilleur ami l'avait lâchement abandonné pour aller faire la court à une fille de première.
Le jeune étudiant toqua à la porte avant d'entrer. A l'intérieur se trouvait déjà Gally, Tresh, et les autres idiots de ce midi. Ils le dévisagèrent, lui lancèrent des regards meurtriers. Il alla s'installer dans un coin, sortit une feuille et commença sa punition, qui était bien évidemment très passionnante. Ils devaient tous recopier le règlement intérieur de l'école pendant une heure, c'était une technique très pédagogique, très instructive. Thomas soupira, le règlement le bassinait déjà, il n'y avait pas plus barbant que ce genre de punition, c'était exactement comme lorsqu'il était en primaire et qu'il devait recopier cent fois pour le lendemain "Je ne dois pas jeter des boules de papier sur mes camarades" ou d'autres exemples de la même trempe. 
Cinq minutes après que Thomas soit rentré dans la salle, la porte s'ouvrit de nouveau, sur Newt. Il eut droit aux mêmes regards que le brun, mais il s'en fichait, il avait l'habitude à vrai dire. La salle étant minuscule, il ne restait plus qu'une place, à côté de Thomas. Le blond serra les poings et s'installa, sans daigner offrir un regard au brun, qui lui le fixait de son air inquiet.
Newt était stressé, énormément stressé. Tout d'abord à cause de son comportement du midi, il se haïssait. Pourquoi avait-il sombrer dans la colère ? Pourquoi s'était-il laissé emporté par la haine ? Exactement comme son père. Il se haïssait parce qu'il se faisait penser à son père, il ne valait pas mieux que lui. Utiliser la violence pour se camoufler, pour cacher ses blessures et sa faiblesse. Il n'y avait rien de plus lamentable aux yeux du blond, pourtant c'est ce qu'il avait fait. Il était un monstre, il ne valait rien. Dans le fond, ils avaient raison de l'insulter, ils ne disaient que la vérité après tout. Newt se trouvait lamentable, il le méritait. Mais la cause la plus importante de son stress, était le fait qu'à cause de cette heure de colle il allait arriver en retard chez lui, et il savait pertinemment ce que ça signifiait. Il pourrait ne pas rentrer, mais ça serait encore pire, il en avait déjà fait l'expérience, et sa jambe lui rappelait à chaque fois qu'il était trop tenté de fuguer. Tout ça c'était la faute de cet abruti assis à côté de lui, s'il n'avait pas voulu jouer les héros à sauver une âme en détresse il ne serait pas en retard et ne serait pas puni. Il le haïssait presque autant qu'il se haïssait lui-même, ce qui était très élevé. 
Thomas n'arrêtait pas de jeter des regards à son voisin, tout en essayant de se concentrer sur sa punition. Mais, après toutes ces heures à l'observer, le brun le connaissait un peu, et il voyait très bien que quelque chose le perturbait, le gênait, le tourmentait. Le terminale S pensa donc que c'était sa première heure de retenue, et que c'était sûrement à cause de ça. Peut-être que le blond n'était pas à l'aise car il pensait que son heure de retenue allait gâcher son dossier scolaire.
-Hé, t'inquiètes pas pour la colle. C'est rien, ça va pas te suivre à vie. Chuchota le brun.
Newt tiqua lorsque l'autre lui adressa la parole. Il n'avait pas bien compris le message de toute à l'heure. Il serra la mâchoire, il devait garder son calme, la violence n'était pas bonne, elle faisait des ravages. Il connaissait assez bien le sujet et les conséquences pour en parler. Il souffla lentement, avant de lever la tête vers Thomas qui le regardait.
-Comme si j'm'inquiétais pour une foutue heure de colle. T'es vraiment trop con toi. 
Il fut attaqué en plein c½ur, c'était comme s'il venait de recevoir un coup de poing dans le ventre. Son visage se crispa, il repensait à ce que lui avait dit Minho, il ne devait pas le forcer, mais la tentation était trop grande. Il se retint, mais sa curiosité l'emporta et il ouvrit la bouche afin de poser une question, qu'il savait qu'il allait regretter.
-Alors qu'est-ce qui te met dans cet état ?
-Mais qu'est-ce que ça peut te foutre ? le blond avait craché cette réponse, c'était sa façon de faire quand il sentait son mur de faux semblants attaqué, il répliquait par la méchanceté afin de blesser l'autre pour qu'il arrête de lui poser des question. Ca avait toujours marché jusque là.
Thomas resta silencieux quelques secondes avant d'attaquer de nouveaux les murailles de son voisin.
-Je m'inquiète pour toi.
Newt ne put réprimer un rire. Il avait le sens de l'humour ce gars là, comme si quelqu'un pouvait se soucier de son état.
-T'en as d'autres comme celle-là ? 
Il utilisait toujours un ton froid, ou le mépris se faisait sentir. Il voulait que l'autre le déteste pour qu'il arrête ses questions. C'était sa seule arme de défense. Il tentait d'éloigner Thomas de lui, de le rendre honteux, et mal, juste pour qu'il arrête.
-Pourquoi tu réagis comme ça ? 
-Pourquoi tu me fais chier comme ça ?
Thomas du prendre un peu de temps pour encaisser le coup. C'était dur de se faire traiter comme ça pour l'homme dont il était amoureux. Mais il continuait, il voulait le pousser à bout, le forcer à franchir sa zone de confort qui était la solitude ou l'agressivité, il voulait le mener vers la confiance, la confidence. Ce n'était pas forcément le meilleur moyen d'y arriver, Thomas en était conscient, mais en connaissant un temps soit peu Newt, il avait pu voir que cet homme était tout sauf normal, il en avait donc conclu que les techniques dont il usait habituellement pour se faire des amis ne marcheraient pas avec lui. Il devait tenter une attaque plus directe, plus frontale. Il décida d'entrer dans le jeu du blond, il voulait le faire souffrir, il allait avoir sa dose lui aussi.
-Parce que j'aime quand t'es malheureux. Ca te va ?
-Tu crois que ça m'fait quelque chose ?
-Je te fais clairement chier, et j'adore ça. Thomas se sentait tellement pas lui même à dire ce genre de phrase, il se trouvait tellement méchant, égoïste, monstrueux, mais il se força à continuer. Il avait déjà progresser, car Newt lui répondait, alors qu'il aurait très bien pu l'ignorer.
Newt n'avait absolument pas prévu ça, il voulait juste que l'autre arrête, mais non, il continuait, encore et encore, sans s'arrêter, toujours en l'attaquant un peu plus. Le littéraire devait l'avouer, il l'avait bien cherché, mais il ne s'attendait pas à ce genre de réponse. Il ne comprenait pas son interlocuteur, devant les autres il volait à son secours, et quand ils discutaient tous les deux, il l'insultait et le rabaissait. Newt était blessé. Blessé qu'une autre personne prenne du plaisir dans sa souffrance, son mal être. Mais il n'allait pas se laisser démonter si facilement. 
-J'suis content qu't'adores ça. Ca me rend heureux, tu peux pas savoir à quel point. 
-Ah oui ? Le brun était surpris, il ne s'attendait pas à ça, mais il devait garder la face.
-Carrément. 
-T'essayes de convaincre qui, toi ou moi ?

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Comments :

  • miroir-des-sentiments

    26/03/2018

    je te remercie de ta visite ces vraiment adorable de ta part; gros bisous à bientôt

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